Dopé aux pétrodollars

Il a été le chef de file du sport français pendant des années, capitaine emblématique d’une équipe à la dérive mais soudée jusqu’à ces dernières semaines, multi-médaillé et multirécidiviste.

C’est pour ces raisons qu’il s’imposait comme spécialiste indiscutable des enjeux du sport mondial dans l’évolution de la société. Et c’est à ce titre pompeux qu’il est intervenu au forum du sport à Doha. Il faut dire que Nicolas Sarkozy paie de sa personne depuis quelques semaines à l’occasion d’un marathon juteux autour de la planète. A chaque fois, il doit faire vite avec peu. Avec peu de temps bien sûr. Quinze minutes d’effort solitaire ce mardi sous la bulle climatisée de la capitale qatari au protocole verrouillé mais au contrôle anti dopage bancal. L’homme, rompu aux champs de bataille des campagnes françaises et aux oraux électoraux, fait face, encouragé à distance par son fan club réuni en sections « découpage de fanions », en classes « customisation des vieux objets publicitaires » et autres ateliers «recyclage des vieilles formules ».

Si le résultat est couru d’avance et la recette rôdée, l’homme a fait peau neuve. Son assurance et son arrogance sont ainsi souvent doublées d’une barbe de trois jours marquant la fatigue générée par la compétition se jouant aux quatre coins du globe.

Alors que la plupart des sportifs de renom choisissent la case jubilé pour fêter la fin de leur carrière, il préfère s’entretenir sur les terrains les plus hostiles. Il faut dire qu’un match entre Présidents de la République valides n’aurait que très peu d’intérêt.

Sa carrière de consultant a donc pu débuter tout naturellement après ouverture du compte en banque idoine. Un consultant hors norme. Quand les anciens joueurs de foot acceptent d’étaler leur bêtise à prix d’or devant les caméras, lui s’entraîne et joue à huis clos, ou en tout cas face à des spectateurs triés sur le volet et obligés d’applaudir.

Sauf pour la prestation de ce jour. Les caméras et les micros ont pu exceptionnellement relayer son message teinté de la nostalgie du brassard de capitaine. Nicolas Sarkozy a déployé sa panoplie de meneur de jeu désaxé. Son sens unique du but contre son camp, sa vision monochrome du jeu, sa qualité d’impasse et de dribbles loupés après une-deux avec lui-même. Les privilégiés, c’est-à-dire son ex famille et quelques éminences revêtues de pétrodollars, ont pu l’entendre vanter les mérites du sport. Il « transcende les clivages », « rassemble dans un même élan », « permet le partage d’émotions ». A croire qu’il n’a pas suivi l’actualité de son parti !

Devant l’actionnaire majoritaire du PSG, il aurait conclu d’une reprise de volée hors-jeu du type :

« J’aime le sport, j’en fais beaucoup et mon sport préféré est le Paris Saint Germain. »

Au même moment, Jean-Marc Ayrault bouclait sa déclaration de lutte contre la pauvreté…

12/12/2012 8:05:44

Publicités

A propos Mathieu Jaegert

...là où vont mes mots.
Cet article a été publié dans Chroniques. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Dopé aux pétrodollars

  1. Yvon Allain dit :

    J’aime le traitement de l’article.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s