Train d’avance et idée ultra-branchée

Avoir toujours un train d’avance semble plein de bon sens. Persuadé du bien-fondé de ce principe, je me suis appliqué à l’expérimenter. Oui mais voilà, la réalité est cruelle. La preuve avec mes mésaventures répétées sur les rails. J’avais pris pour habitude de réserver mes billets pour le train de 6h50 à destination de Paris et de systématiquement monter à bord du précédent, celui de 5h50. Je vous le donne en mille, pas une fois où je ne me suis pas vu refouler par un agent de la SNCF mal réveillé ou un usager mal luné occupant déjà ma place. C’est le signe évident que notre société est en retard, figée dans ses habitudes et engoncée dans son train-train ! Beaucoup adhèrent aussi à cette maxime et la mettent à l’épreuve du terrain, afin notamment d’innover et de développer des idées porteuses. Pour créer de l’emploi ou relancer la machine économique, toutes les meilleures volontés et les plus folles idées sont les bienvenues.

L’exemple récent de l’automobile est flagrant. Ingénieurs et chercheurs conjuguent leur talent pour avoir non pas un train mais une voiture d’avance. Puisque la devise « jamais sans mon téléphone portable » est plus que jamais d’actualité, les voitures vont devenir ultra-connectées, alors qu’elles étaient déjà suréquipées, le préfixe « sur » étant révélateur…Des véhicules en connexion permanente, donc, avec les satellites, à Internet, et à un tas d’applications et d’appareils bourrés d’électronique. Le tout garni d’alarmes et de bips sonores avertissant un danger, un appel ou l’ouverture d’une fonctionnalité. L’information en temps réel, tu parles ! Et elles parlent : « attention, il pleut, vous êtes dans un bouchon, il y a du brouillard… », j’en passe et des meilleures. Afin d’attirer les clients, les concepteurs imaginent les liaisons entre smartphones et tableaux de bord. Le marché en berne pourrait ainsi connaître un rebond grâce aux accros du portable bernés par les gadgets. Les constructeurs prétendent de cette façon garantir bien-être et sécurité mais l’usager peu habitué ne saura plus où donner de la tête, de l’oreille et du volant ! Ce ne sont pas un ou deux coups d’œil dans les rétros qu’il s’agira d’adresser, mais bien trois ou quatre en ajoutant l’écran du tableau de bord et celui du téléphone. On ne sera peut-être plus pendus au portable mais lui sera pendu à l’habitacle. Un mobile qui ne le sera d’ailleurs plus tant que ça !

Peut-être que dans quelques années on ne saura même plus qui du mobile ou de l’auto est devenu automobile ! Et à la question « où se trouve le clignotant ? », on répondra du tac au tac « juste à côté du wifi ! ». Notez enfin que sur la notion d’environnement, on va bien au-delà des considérations écologiques. Fini le souci des rejets, la voiture devra être en phase avec son environnement, connectée en permanence, tout simplement.

Mais là où les éminences grises pensent avoir une longueur d’avance et détenir un concept vendeur, c’est pour les flottes professionnelles. Il devrait être possible de se reposer ou de travailler tout en étant au volant. En réalité, le volant sera à nous, dédié à nous conduire sans intervention humaine.

Cependant, à mon avis, dans cette société de l’instantané, un train ne suffit pas, il en faut deux d’avance. Je propose donc une réflexion visionnaire. Plutôt que de dormir ou travailler au volant, travaillons en dormant après avoir connecté, voire ultra-connecté, les matelas intelligents existant à tout ce qu’il est possible de relier. Ainsi, chaque matin, on poussera la porte de notre employeur le cœur léger et l’esprit libéré d’avoir laissé les soucis à la maison ! Et on pourra enfin faire autre chose au bureau que travailler !

Evidemment, ce genre d’idée révolutionnaire nécessite de se confronter à la lenteur administrative. Une fois la société créée, le concept est souvent déjà dépassé. C’est pour cette raison que désormais, je passe directement à l’idée suivante avant même d’exploiter la première.

Faire du neuf avec du vieux n’a donc plus de sens, mieux vaut faire de l’ultra-neuf avec du neuf pour se garder une marge de manœuvre, un matelas ultra-connecté d’avance !

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A propos Mathieu Jaegert

...là où vont mes mots.
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Un commentaire pour Train d’avance et idée ultra-branchée

  1. Excellent article Mathieu! Mais le matelas connecté, là c’est pervers quand même comme idée! On serait quand même payés en heures de nuit? 🙂

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