Bonnets rouges et blancs bonnets

Les Français ont le moral dans les chaussettes, et le mot râle à la bouche. La métaphore textile se greffe ainsi à la contestation grandissante de ceux qui sentent la fibre protestataire les envahir, lassés de filer un mauvais coton. Ils ont donc décidé d’habiller nos politiques pour l’hiver. Ça tombe bien, l’automne est sans doute la saison la plus adaptée pour fédérer les tissus associatifs et syndicaux, puis bousculer les modèles économiques et politiques. Cela n’aurait pas eu de sens d’ajouter des couches de vêtements en plein été. Remarquez, la métaphore aurait pu être florale face à certaines mesurettes jugées au ras des pâquerettes !

La période des soupes à peine débutée, les mixtures proposées par les appareils parisiens ne conviennent pas en région. S’il y a des potages meilleurs que d’autres, la soupe à la grimace, majoritaire en ce moment, ne fera jamais l’unanimité. Le moral des troupes, collant aux marmites, est donc des plus bas. Et encore, les bas s’effilochent par le haut. Les instances dites compétentes ont les nerfs en pelote et ne savent plus où donner de l’aiguille à tricoter. Pendant que les talons plombés des Bretons battent le pavé, la région sert d’étalon et un « détalons ! » de circonstance résonne dans la tête de certains élus. A défaut de claquer les portes de réunions incertaines, les manifestants font tomber des portiques en se disant que les accros du pouvoir devraient prendre la porte fissa, avant de devenir simples accrocs. Les bonnets rouges et les cols blancs s’écharpent sans mettre de gants. C’est blanc bonnet et bonnet blanc. Dans les coulisses de nos campagnes et de nos villes, le ras-le-bol gagne et le ras-l’urne guette. Si cela continue, les gants de boxes prendront le dessus, ou les moufles, alors que les mouflets seront mis en avant comme d’autres l’ont fait. Leurs rejetons pour signifier leur rejet. Le raz-de-marée est hypothétique mais possible, surtout en ces temps  de forts coefficients sur les côtes. La houle est là, les cagoules pas loin. Ça crie donc, ça hurle, ça proteste. Le mot râle se propage, les mots biles sont nombreux, la démocratie tremble.

Nos dirigeants, de peur de se prendre une veste électorale, finiront par habiller Erwan après avoir déshabillé Jules.

Heureusement, dans cette morosité ambiante, il y a des nouvelles réconfortantes. L’Etat, dans un élan de générosité rare, a décidé de mettre en application une promesse des uns et des autres, une avancée spectaculaire pour la démocratie. De quoi s’habiller un peu plus léger. Mais de quoi en rire, surtout. Le référendum d’initiative populaire sera bientôt rendu possible ! Oui, chacun d’entre nous pourra soumettre une question. Evidemment, il y a des conditions. Notamment celle de réunir une pétition atteignant 10% des électeurs, soit environ 4.5 millions de signatures.

Il paraît qu’impossible n’est pas français…

Finalement, si le moral stagne dans les chaussettes, il est probable que les chaussettes finissent par déteindre, et que le rire jaune se répande !

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A propos Mathieu Jaegert

...là où vont mes mots.
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