Galiléo galère là-haut

galiléo

 

Dans un domaine où l’approximation se paye cash, celle-ci se mesure en milliers de kilomètres et se chiffrera en monnaie sonnante et trébuchante. Justement, le lancement a trébuché et les lanceurs sont sonnés. Deux satellites du programme Galiléo ont donc atteint la mauvaise orbite, à 17 000 kilomètres, au lieu des 23 500 attendus. Une anomalie selon les responsables. Une véritable bourde, oui ! La course à la performance autour des astres vire au désastre. Pour un projet censé fournir des informations de localisation ultra-précises, une erreur de 6 000 kilomètres, ça la fout mal ! Soyouz a du plomb dans l’aile, et le fait qu’une fusée ne soit pas munie d’ailes n’arrange rien à l’affaire.

Les concurrents ricains ricanent. Outre-Atlantique, la presse ne passe pas outre, s’en donnant à cœur joie et à plus d’un titre : « Soyouz, so what ? », « Soyouz, so loose ! », etc. Bref, Galiléo galère là-haut, alors que l’ambiance délétère à Kourou laisse s’exprimer rancœurs et courroux. Les ingénieurs pleurent en révisant leurs lois de Kepler, les mines déconfites. On y devine la gravité universelle se substituer à la gravitation. Le pointage au chômage comme épée de Damoclès au-dessus de leur tête, ils pointent les dysfonctionnements. Tandis que les deux satellites suivent une ellipse au lieu de tourner en rond, ils se savent tournés en dérision. Si certains balancent l’argent par les fenêtres, eux l’ont jeté en l’air, mais pas assez haut pour obtenir les retombées escomptées. Il y a des placements sûrs. Celui sur orbite en est un à condition de choisir la bonne. Scrutant les écrans de contrôle, ils sentent la pression les gagner, bien conscients d’avoir touché des fonds publics conséquents, et surtout d’avoir touché le fond par inconséquence ! Galiléo, après avoir été sous le feu de la rampe de lancement, l’est sous celui des critiques. Elles au moins atteignent leur cible, faisant mouche quand le projet fait tache.

Quant à la position exacte des responsables européens, politiques et dirigeants, nul besoin de GPS pour la connaître. Je les soupçonne d’être dans l’embarras, à plus ou moins un demi-centimètre près !

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A propos Mathieu Jaegert

...là où vont mes mots.
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