Cabu, tu tues, Charlie point tu

SAMSUNG DIGITAL CAMERASi face à l’horreur, il n’y a de réponses ni toutes faites ni toutes prophètes en leur pays, il y en a bien une ou deux qui doivent tenir la corde. En réalité, qu’elles tiennent ce qu’elles veulent. Libres à nous de les exprimer. Continuons-donc à écrire à crayons rompus et à tombeaux refermés afin de panser les plaies et de penser l’après. Cherchons les termes justes pour contrer ces mots-là.

Evidemment, quelque-chose s’est brisé. Mais nos lignes sont comme la pâte du même nom, savoureuses une fois cuisinées et agrémentées du rire cher à Cabu et consorts. Acérons nos mines, qu’elles soient pointues et ne soient point tues ! Versons dans le léger contre les versets d’un Coran mal lu ! Même si la terreur n’avait pas la lumière à tous les étages, évitons les textes ampoulés. Car, non, ils n’ont pas compris. Charlie Hebdo, comme bien d’autres, c’est avant tout une bande embarquée sur le même navire du rire où les dessinateurs forment des mâts garant de l’humour. A invoquer sacré et lieux saints, ils n’ont pas réalisé que Charlie l’était aussi, mais pas qu’un et unique Saint, un lieu dessin. Un endroit où le burlesque prévaut sur la burqa, laïc sur le hic, la rigolade sur le Jihad. Evidemment, être mât sacré n’est en rien une raison pour finir massacré. Ici, on se met au turbin irrévérencieux pour pasticher le turban strict, et on produit du rire à tout-va avant de choisir le meilleur, par élimination. Comme ce jour-là. Par élimination. Quand la bande préparait le prochain bouclage, les autres ont déboulé pour qu’ils la bouclent. Foutues contradictions ! Se faire tirer dessus entre deux tirages, canarder pour un canard, les uns adeptes de satyres et de pamphlets, les autres de « ça tire » et de « pan ! ». Se faire descendre avant le montage, et voir les ventes remonter en flèche. Les uns riaient de toutes leurs dents, tandis que les autres se sont pointés armés jusqu’aux leurs. Bon, visiblement, s’ils n’étaient pas en possession de toutes leurs facultés, ils avaient toutes leurs dents. Par la force des choses, la bande dégainait aussi, parfois à boulets rouges. De toutes façons, peu importe la couleur des boulets, il paraît que le terrorisme est daltonien ! Et dire que ces partisans du Niqab ni Cabu ne connaissaient la conjugaison du verbe rire qu’à la deuxième personne du singulier : tuerie. S’ils avaient su ! D’ailleurs, que les iceux tentés de s’en remettre à quelques prophéties plutôt qu’à ces facéties d’artistes, prennent connaissance du stage suivant :

« Après avoir déposé fusils et kalachnikovs, vous gagnerez la scierie la fleur au fusain pour faire un papier. Vous serez formés aux bons mots et au maniement des armes, milices de crayons en ordre de taille. Vous gagnerez alors les rangs de ceux qui ont la foi en les pitres et voix au chapitre ».

En attendant, dessinons et écrivons toutes voiles dehors, pour continuer à se poiler sans se voiler la farce.

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A propos Mathieu Jaegert

...là où vont mes mots.
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4 commentaires pour Cabu, tu tues, Charlie point tu

  1. franek dit :

    toujours le même humour ,BRAVO, du Charlie dans le texte !!

  2. laurahantz dit :

    Très belle article 🙂

    J’ai écrit aussi à ce sujet il y a quelques jours 🙂

    Biz

  3. Tippi dit :

    Finesse et intelligence du jeu de tes mots. Bravo Mat, tu es bien le bandit littéraire au crayon de caractère. Tes croquis sont fait d’images bien réelles. De sacrées trouvailles aussi !

  4. auréliane64 dit :

    Bravo Mathieu un texte bien ficelé

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