Mauvaise foi alsacienne à l’égard de la Bretagne

Délire à tendance humoristique d’un Alsacien marié à une Bretonne…

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Géographiquement, pour ne pas subir les vagues de moqueries des sudistes, il faut être précis. La Bretagne n’est pas directement sous la Normandie. Elle est sous la Manche, enfin pas comme le tunnel bien sûr.

D’ailleurs, le Normand a déjà assez de soucis d’estime de soi lorsqu’il se compare à ses voisins. Il y a en effet les gens de la Haute, et ceux de la Basse. Les Bretons, eux, ne prennent pas leurs congénères de haut. Il y a simplement pour des raisons touristiques le Nord-Bretagne et le Sud-Bretagne. Etablir une opposition Est-Ouest serait exagéré et incompréhensible pour les autres Français. Les Bretons sont à l’Ouest, c’est tout. A Brest un peu plus qu’à Rennes, certes, mais la différence est minime. Les uns sont au bout de la France, les autres au bout du bout…

Les habitants du Sud-Anis n’y voient que du feu et campent sur leurs positions lorsqu’on leur apporte cette précision. Pour eux ce ne sont que pirouettes et  effets de manche supplémentaires.

Les habitants de l’actuel département des Côtes d’Armor se sont longtemps battus pour une AOC, Appellation d’Origine Crédible, et sont parvenus à délaisser le flou des Côtes du Nord pour ce Côtes d’Armor…tout aussi flou.

Les bretons sont à la pointe dans de nombreux domaines. C’est en tout cas ce qu’ils prétendent non sans une pointe d’humour : à la pointe du Raz, à la Pointe Saint Mathieu, à la Pointe de Penmarc’h…Ils ne font jamais les choses à moitié. Soit ils les font, et le font savoir, soit ils ne les font pas et d’autres se chargent de le faire savoir. Sauf pour le beurre. Ils sont friands de beurre demi-sel, seul beurre méritant cette appellation selon eux. Le beurre doux c’est un peu comme le cidre doux, il n’y a que les Normands ou les autres français pour en consommer. En revanche, pour compenser, ils en abusent. Le kouign-aman (s’écrit sans doute pas comme ça mais j’ai pas envie de chercher) est l’unique gâteau français dont le résultat de l’addition de ses ingrédients dépasse 100%…Normal, c’est une pâtisserie pur beurre, pur sucre, à pure teneur calorique (et calorifique).

Le tourisme breton est important mais a ses particularités. Il a pris son essor en mer ou dans les terres. En effet, en mer, il est bon de dire, « mon bateau mouille dans tel port ». Et à terre, il suffit de déclarer « j’essore ici ou là ». Il est vrai que la région est humide, et que les saules pleurent plus qu’ailleurs, mais pour l’avoir pratiquée, je pense pouvoir affirmer que c’est une stratégie touristique leur permettant d’éviter les grincheux du Sud en manque de soleil dès que l’ombre d’un nuage rapplique. J’en ai tiré le slogan suivant : « En Bretagne, il pleut toujours, mais ça ne dure jamais ». Evidemment, ça paraît aussi dur à avaler que « Colmar, ville la plus sèche de France », et pourtant, l’un et l’autre sont exacts.

La douceur océanique présente un avantage indéniable. Afficher une eau à 16 ou 17°C en plein été peut en rebuter plus d’un, mais l’air n’étant jamais beaucoup plus chaud, il est très facile de sortir de l’eau, la différence étant minime. Alors oui bien sûr il s’agit  d’abord d’y rentrer…

Bon, de toute façon, les meilleurs touristes ne viennent pas pour faire trempette. Ils viennent visiter. Je leur conseille ainsi d’éviter les préfectures ou principales villes. Certains exemples sont frappants et pourraient leur faire faire demi-tour. Quand vous demandez ce qu’il y a à voir à Saint Brieuc, préfecture des Côtes d’Armor, l’autochtone répond dans un élan d’enthousiasme exagéré : « la galette saucisse au marché » ! Ca fait rêver…Même Vannes, charmante bourgade du Morbihan, a (mal) copié des villes magnifiques comme Colmar par le biais de maisons à colombages. Non, vraiment, préférez les quelques ports isolés, la côte sauvage en tentant d’éviter les algues vertes. Toutes les routes y mènent. Et toutes les routes de Bretagne sont entièrement gratuites. C’est un de leurs arguments.

D’ailleurs les grandes sociétés exploitant le réseau français n’essaient même pas de s’aventurer en Bretagne. Un peu comme le ramassage des poubelles. La société Nicollin par exemple n’a jamais pu répondre à un marché en Bretagne. Remarquez, en Corse et en Alsace non plus.

Attention quand-même aux mauvaises orientations. Certains Bressans, pour attirer le touriste étourdi, jouent là-dessus. Il ne faut surtout pas confondre le poulet de Bresse et le goulet de Brest…

Bref, en Bretagne, une fois arrivé, on y est bien. C’est ce que se disent de nombreux oiseaux – cigognes exceptées vu les conditions idéales alsaciennes – qui tentent de se fondre dans le paysage. Ainsi, saviez-vous que les affreux freux se déguisent souvent en mouettes rieuses ? Ca paraît absurde quand on sait que ces mouettes sont des chieuses, mais c’est la réalité. La cigogne, en plus d’être bien où elle est, ne pourrait quoi qu’il en soit pas rentrer dans le déguisement…

Enfin, culturellement parlant – si on peut parler de culture – il faut savoir que les bretons ont inventé la saga Star Wars bien avant son créateur officiel. L’engouement des jeunes bretons pour l’épopée n’est plus à démontrer. Ce n’est pas la vente de la série à Mickey qui changera la donne. Là-bas, les jeunes Padiwan fréquentent depuis très longtemps les écoles du même nom, tout contestable que soit l’intérêt de parler le langage Star Wars et d’en faire un « porc de bataille » dans la renaissance des langues régionales.

Je pourrais développer à l’infini mais si je continue, comme ils disent en Bretagne (notamment), « on n’est pas rendu » !

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A propos Mathieu Jaegert

...là où vont mes mots.
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2 commentaires pour Mauvaise foi alsacienne à l’égard de la Bretagne

  1. Wen dit :

    Ah ça c’est clair qu’on n’est pas rendu !! (expression tout autant bretonne que normande…)
    En attendant,
    – oui nous avons aussi la galette saucisse en (Basse-)Normandie,
    – non nous ne consommons pas de beurre doux qui n’a d’appellation beurre que pour les parisiens.
    – Et enfin, parce que oui, nous (les Normands) nous avons les parisiens et surtout les parisiennes que nous déniaisons tous les étés avant de les renvoyer à la capitale (excepté autour de la gare Montparnasse qui est territoire breton depuis bien longtemps !).
    Le Paris-Cherbourg n’a-t-il d’ailleurs pas le surnom attendrissant de « train des cocus » ?
    Le Paris-Brest à ce que je sache, n’est qu’un gâteau étouffant avec un trou au milieu !
    Bref, tout ça pour dire que les bretons ne nous pardonnerons jamais d’avoir réussi à leur place à conquérir l’Angleterre avec Guillaume et Mathilde ! mais ça nous éloigne encore un peu plus de l’Alsace cette affaire…

  2. Fuko San dit :

    J’adore ces particularismes. Je m’en délecte… de vos textes, tout comme du paris-brest, n’en déplaise à Wen, le gâteau qui tourne autour de son nombril ! Je crois vous l’avoir déjà dit, les richesses de la France sont légions et toutes en régions 😉

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