Quand les déchets ont champignon sur rue

IMG-20150630-00083Hors de question de faire passer la problématique des déchets à la trappe. Quoique. Ici, il est de plus en plus fréquent de les faire passer par les trappes. Celles garnissant les colonnes enterrées colonisant le pavé. Un aménagement urbain à la mode de chez nous. Des ur-bennes en pagaille et en tri-bambelle : une tripotée pour mettre le tri à la portée de tous. Elles ont désormais champignon sur rue, le fameux kinshoffer qui les coiffe, système de préhension évitant toute appréhension aux king chauffeurs. Elles en pincent pour lui ! Sages, pas une seule des bornes ne dépasse l’autre, s’imposant des limites et un cadre fixé, lui, au sol. Une mise à plat nécessaire.

La cuve enterrée sait prendre et garder ses distances tout en activant son réseau. Dans une élégance rare, celui-ci tire parfois sa révérence ou change de cap pour laisser aux colonnes la meilleure place. Le choix de leur implantation n’a rien de trivial. Entre les vitrines à bâbord et à tribord, il y a de quoi trimer et se triturer l’esprit. Elles s’alignent sur la position retenue sans faire de vague, tout en assumant leur vocation à se soulever. Livrer les cuves en fond de fouille leur confère un calme durable : elles sont posées. Les goulottes une fois mises en place gardent elles aussi leur sang-froid. Jamais à côté de la plaque car toujours positionnées dans l’axe. Elles font alors orifice d’accueil pour nos déchets. Depuis les rebuts de verre destinés à être re-bus, jusqu’à nos petits emballages. Mis dans la trémie, ils passent donc de vie à trépas, puis de trépas à très bas. Il faut reconnaitre qu’ici on fait les choses à fond. Pour hisser haut les ambitions du tri, les colonnes, on les ne les enterre pas à moitié mais pour de bon.

Elles répondent à un cahier des charges strict leur permettant de faire face aux critiques qui ne manquent pas de les mettre au pilotri. Bien calées par l’entremise d’un Génie civil hors pair, toute tentative de les trainer plus bas que terre est vouée à l’échec. Inutile de les enfoncer plus, elles sont en effet déjà terrassées dans les règles de l’art et garderont la tête à la surface quoi qu’il advienne. Elles s’aguerrissent au fil des ans, apprenant sur les tas de déchets déposés à leurs pieds, prenant les mauvaises volontés la main dans le sac et le sac à côté de la borne. Quand elles en ont gros sur la cuve, les colonnes ne vident par leur sac, elles laissent à des grues serviables le soin de s’en charger. Ou plutôt de les décharger. Pour cela, les chauffeurs tirent sur le champignon sous le regard des usagers appuyant, eux, sur la pédale pour déposer leurs déchets.

Oui, décidément, ces colonnes, elles en jettent ! De quoi voir venir pour un programme de développement loin d’être enterré !

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A propos Mathieu Jaegert

...là où vont mes mots.
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