L’Ecole de l’Ouverture facile

balQuand les créations d’entreprises connaissent un rebond, les économistes de tous bords y vont de leur analyse farfelue sans imaginer une seconde qu’ils se fourvoient. Et pourtant, permettez-moi d’affirmer qu’ils se fourrent le doigt dans l’œil, voire les dix dans les deux yeux. La seule explication tenant la route se cache du côté de l’Ecole de l’Emballage et de l’Ouverture facile, à Reims. Un établissement à l’anonymat façonné astucieusement par ses fondateurs au fil des promotions. En toute discrétion, l’Ecole où le contenant prime sur le contenu, sait conditionner des contingents d’étudiants dont on peut affirmer, certes de façon triviale, qu’ils sont emballés par les débouchés sérieux qu’on leur fait miroiter. Après avoir appris les ficelles du métier à l’ancienne, avec force décapsuleurs ou simples tire-bouchons en travaux pratiques, le numérique est sur le point de révolutionner les apprentissages, modules 2.0 et séances d’htTP déboulant déjà sur les paillasses.

Mais ne soyons pas dupes ! L’école n’est qu’un leurre, les jeunes se faisant d’abord la main et les dents sur des paquets avant de s’attaquer le moment venu aux parquets cirés de salles prestigieuses à la hauteur de leurs ambitions. Un peu de patience, vous allez comprendre. S’il parait évident que l’emballage cherche à sortir du lot pour des raisons de matraquage commercial opportun et de marketing bariolé, à moins que ce soit le contraire, l’étudiant lui aussi court après la reconnaissance. Pas en rayon mais aux manettes de sa propre boîte par exemple. Tout est question de timing, d’à-propos. Un concept assimilé depuis belle lurette par les dirigeants de l’Ecole. Au début du siècle, les cabinets ministériels aux abois ont eu besoin de bonnes nouvelles. Qu’à cela ne tienne, l’un des pontes de l’emballage, dans les petits papiers des élus au pouvoir, convoque un bureau extraordinaire de l’Ecole pour imposer illico une mode permettant de se gargariser quelques années plus tard de statistiques favorables à la création d’entreprises. Une tendance qui a fait du bruit dans le landerneau de l’emballage.

Avant cela, regardons de plus près à quel point l’ouverture facile, c’est bidon, accréditant plutôt la thèse de la couverture facile. On intègre l’Ecole pour se donner une contenance servant d’autres intérêts. Qui peut en effet se prévaloir de fantasmer à l’idée d’inventer le clapet dernier cri ou le bec verseur intégré, modulable,  qui s’ouvre et se referme à l’envi ? Non, l’ingénieur en devenir rêve plus de jackpot que de pots de confiture, de briques que de bricks qui n’en cassent pas. Tout juste admet-il une confusion entre CAC et pack 40, résolu à mettre le paquet pour s’en éloigner. De plus, si simplifier l’ouverture constitue la priorité affichée, comment expliquer que si peu d’emballages barrés de ladite mention sont faciles d’utilisation ? Qui n’a jamais pesté contre des débordements intempestifs à l’ouverture d’un produit labellisé à Reims ? Ou en se rendant compte, une fois la brique ouverte – comme par hasard sans accroc – qu’il fallait l’agiter. Bref, une véritable mascarade. Mais un enfumage calculé. A ce stade, si vous ne saisissez toujours pas le lien entre rebond de la création d’entreprises et l’Ecole de l’Emballage, n’ayez crainte, vous allez bientôt y voir plus clair.

En résumé, l’Ecole, imposture avérée, abrite une poignée d’amis de personnalités proches du pouvoir bien décidés à filer un coup de main à la communication gouvernementale en imposant une mode. Cette fameuse tendance est celle qui – roulement de tambour –  pointe du doigt – l’index puisque vous voulez tout savoir – l’excès d’emballages. Celui-ci, après avoir connu son leurre de gloire, descend du jour au lendemain de son piédestal, faisant chuter avec lui les outils utilisés en cours, brutalement ringardisés. Au premier rang desquels – attention, je vous prie de vous concentrer sur ce final en apothéose – l’un d’entre eux, suranné et rouillé mais à l’affût d’une seconde jeunesse.

Lui, l’ouvre-boîte. Bradé par milliers aux entrepreneurs en herbe.

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A propos Mathieu Jaegert

...là où vont mes mots.
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