Le changement de pompe c’est maintenant !

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Après les stations-services, celles de la météo frôlent la surchauffe. Le sans-plomb irrigue les pistolets à mesure que les plombs sautent sous la menace de la crue. Le changement de pompe, c’est maintenant. Bottes de rigueur dans un pays qui va de mal en pluie. Ici, les nuages précipitent par seaux et l’eau monte tout doucement. Cieux déchaînés et inondations en mode crescend’eaux. Pourtant, pas le temps de dire « plouf ! », les minutes sont précieuses. Pas question que les heures s’écoulent aussi vite que la Seine. Des litres et des litres de cette cuvée printanière sont filtrés : embouteillages en vue. Dans les hautes sphères du pouvoir, on cogite. Le « on » étant un groupuscule nébuleux infiltrant les différentes strates de décision. On a depuis longtemps mis au placard le plan ORSEC au patronyme douteux. On maintient l’armée sur les opérations sentinelles, et on ne rapatrie pas les troupes déjà rincées du dispositif Vigipirate. Quant au plan Neptune, on oublie aussi, manque de tunes oblige.

Alors, à défaut de dépêcher les militaires, on déploie les journalistes. Vous savez, ceux qui confondent souvent justesse et précipitations. Les mêmes qui sont sujets aux fuites car ils ne vérifient pas leurs sources. Les gros poissons, qui se frayent un passage parmi le ban de leurs concurrents aguerris. Mais aussi les jeunes loups tout juste sortis des bancs de la FLAQUE ou les stagiaires qui jusque-là se la coulaient douce. Avec leurs gros sabots et leurs cuissardes, les premiers appâtent le sensationnel. Les seconds, eux, semblent subir un bizutage en règle, comme s’ils devaient écoper d’une pein-iche. Mais l’objectif se décline pour tous de la même manière : un but, déboires. S’approcher au plus près des dégâts. Des reportages en immersion par des envoyés plus spéciaux que jamais. Autant vous dire qu’on n’est pas sortis de la berge inondée ! Au péril de leur brushing ou de leur coupe fashion, ils mouillent leur chemise et se jettent à l’eau croupie au sens propre. Histoire de se rafraîchir les chevilles, ils font trempette sur les points chauds. On les voit encapuchonnés et exaltés. En nage. A se demander d’où proviennent les quelques éclaboussures qui garnissent leur parka neuve, les pluies ayant cessé depuis un bail. Si le niveau de la Seine s’élève encore, celui des médias s’affaisse. Et s’ils ne touchent pas le fond, ils ne le doivent qu’à cette crue historique. L’interview du badaud médusé ou du parigot aux abois, c’est le pompon sur le ponton. La cerise imbibée sur le bateau-mouche ! Ils détiennent la palme. Remarquez, pratique en ces circonstances humides.

Evidemment, friands de polémiques, ils tentent de débusquer une faille, un dysfonctionnement, une responsabilité. Ils nous bassinent tellement que cela parait difficile de leur passer l’éponge. D’autant qu’une seule ne suffirait pas, il en faudrait des paquebots entiers. En farfouillant bien, il existe une circonstance atténuante à leur journalisme de bas étages : ces derniers se trouvent sous les eaux. Pas facile donc de ne pas boire la tasse à l’antenne ou en salle de rédaction. Mais non, rien n’y fait. D’ailleurs, ils sont passés à côté de la plaque et de la véritable raison qui est une fois de plus à chercher du côté des conflits sociaux entre masses d’air. A la table des négociations, la CF d’été brillant par son absence, c’est la CGT (Chutes de Grêles Torrentielles) et Sud Grisaille qui font la loi !

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A propos Mathieu Jaegert

...là où vont mes mots.
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