Sur l’air du portail

On arriva à destination. Un hôtel de la proche banlieue érigé aux confins d’une zone pavillonnaire. Calme assuré. Mais Phil s’arrêta net, comme un chien dressé à flairer le danger.

« Ma paie de l’année que l’endroit sera miteux !

  • Pourquoi ?
  • Tu entends quelque chose ?

  • Rien que le silence !

  • Regarde, le parking est ouvert aux quatre vents !

  • Et alors ?

  • Hier, on a longé une flopée de palaces aussi étoilés qu’un ciel de pleine lune au mois d’août.

  • Je ne te suis pas…

  • Suffisant pour échafauder une théorie.

  • Laquelle ?

  • Tu n’as rien remarqué ?

  • Non, je n’ai rien vu !

  • Et tes oreilles ?

  • Mes oreilles ?

  • Elles n’ont rien perçu ?

  • Des bruits de klaxon, une moto qui accélère, des couinements…

  • Voilà ! Le standing de ces hôtels se mesure aux émissions sonores de leurs grilles en action. Le grincement de celles du Bristol reproduit les notes des Quatre saisons de Vivaldi. Carmen au Ritz, Le lac des cygnes au Georges V.

  • Ici, pas de Petite musique de nuit.

  • Pas même un air de mauvaise pop pour ados surexcités.

  • Et pas de portail.

  • Ça promet une nuit chaotique.

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A propos Mathieu Jaegert

...là où vont mes mots.
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